Les années de plomb en Italie, l´extradition de Marina Petrella.
Jeudi 17 juillet 2008 Avec Doucha Belgrave et Oreste Scalzone, respectivement membre du Collectif de solidarité avec Marina Petrella, et réfugié italien en France pendant 27 ans, dont la condamnation en Italie pour constitution de bande armée a été prescrite l´an dernier
Question de : Internaute : Réponse : Bonjour à tous et merci de votre attention quant au sort de Marina Petrella. Nous sommes ici trois membres du collectif de solidarité avec Marina Petrella (Doucha Belgrave, Oreste Scalzone et Laurent Meyniard)dans les locaux du Nouvel Observateur que nous remercions de leur accueil et de l´initiative de ce forum. Pour répondre à la première question, précisons que le Président Mitterrand n´avait pas proposé un asile politique aux seules Brigades rouges mais à tous les activistes politiques (y compris ceux des pays européens démocratiques) dès lors que ces militants avaient renoncé à toute pratique violente. Ce qui est le cas des Italiens réfugiés en France. Deux Présidents français et huit gouvernements - de droite comme de gauche - ont respecté cet engagement de la France.
Question
de : Internaute Réponse : Des milliers de militants comme Marina arrivèrent jusqu´aux armes dans l´idée d´une révolution qui aurait amélioré la vie de tous. Ils étaient au fait du dilemne entre cet altruisme et les tragédies singulières qu´ils jugeaient inévitables. Ils pensaient répondre à ce dilemne en mettant leur liberté et leurs propres vies en jeu. Marina s´est exprimé très clairement sur cela à maintes reprises en assumant pleinement toute sa responsabilité dans cette tragédie définie par la Commission parlementaire sur ces événements comme une "guerre civile limitée de basse intensité" ayant impliqué des dizaines de milliers de jeunes à travers toute l´Italie. La vie de Marina en France, pendant 15 ans, a démontré que son "adieu aux armes" étaient définitif.
Question
de : Internaute Réponse : Bonjour ! Le Pasteur Maury - président des Eglises réformées de France - et le Dr Bloch-Lainé, le médecin traitant de Marina - ont vu Marina ces derniers jours. Leur constat : une aggravation croissante et rapide de son état de santé. Elle est réellement en danger de mort et a déjà perdu 20 kilos.
Question
de : Internaute Réponse : Nous sommes des femmes et hommes de toutes origines, proches de Marina ou ne l´ayant pas connue mais convaincus de la dérive sécuritaire , indignés par le populisme pénal ambiant et choqués par l´obsession d´une vengeance qui nourrit l´idée de "punition infinie". Nous sommes aussi tenants de l´idée d´une deuxième chance pour des vaincus et persuadés qu´il est inutile que le mal s´ajoute au mal.
Question
de : Internaute Réponse : Cette libération est entièrement dépendante du pouvoir politique français. Dans ses déclarations le Président de la République français reconnaît le traumatisme subi par Marina Petrella suite à son arrestation 30 ans après les faits - et après 15 ans de vie familiale et professionnelle où elle fut accueillie en France, s´était intégrée, avait fondé une famille et n´avait jamais enfreint la loi". Aussi nous demandons aux autorités de la France d´aller jusqu´au bout de la logique des déclarations du Président. Et plutôt que les aléas d´une demande de grâce italienne, le Président Sarkozy dispose de la clause humanitaire de la convention d´extradition de 1957 pour libérer Marina et ne pas concéder son extradition. Il y a urgence absolue !
Question
de : Internaute Réponse : Ca prendrait un long débat. Nous avons ouvert le 9 et 12 juillet dernier un début de réflexion sur la période des années de plomb et poursuivrons ce travail à la rentrée prochaine. En résumé, il apparaît que le principe d´amnistie soit impossible à intégrer par l´ensemble de la classe politique italienne.
Question
de : Internaute Réponse : A notre sens, il n´y a aucun rapport.
Question
de : Internaute Réponse : Bonjour. Accueillir des militants qui ont renoncé à la poursuite de leur action est universellement considérée comme une politique sage. C´est pour cela qu´exclure des personnes comme Marina ne possédant aucun pouvoir de chantage ou de pression serait tout simplement d´une cynique cruauté. C´est pour cela que nous parions sur un raisonnable espoir même si nous n´avons pas les moyens de marchander quoi que ce soit comme c´est le cas des dirigeants de la Lybie ou de la Syrie, par exemple.
Question
de : Internaute Réponse : Nous trouvons normal les sentiments - et les ressentiments - exprimés par ces familles. En revanche, nous trouvons abject l´exploitation de leurs souffrances : l´establishment européen - notamment italien - semble avoir intérêt à attiser un sentiment de vengeance pour s´y abriter et s´en faire un alibi. Le droit prévoit pourtant des régulations sur ce type de contentieux pénal par des institutions de clémence telles l´amnistie.
Question
de : Internaute Réponse : La réponse est dans votre question (si tant est que Marina aie vécu "tranquillement" en France après les événements italiens, ses 8 ans de prison où est née sa première fille, les déchirements et les difficultés de l´exil...). Aujourd´hui, le traumatisme de son incarcération en France alors qu´elle était mise en confiance, l´éloignement d´avec sa seconde fille de 10 ans née en France, une nouvelle année de prison la conduisent au désespoir exprimé par une véritable grève de la vie.
Question
de : Internaute Réponse : Quel rapport ?????
Question
de : Internaute Réponse : Nous avons déjà répondu : Marina va très mal.
Question
de : Internaute Réponse : Elle risque la prison à vie en Italie (la prescription n´existe pas en Italie pour les condamnations à perpétuité).
Question
de : Internaute Réponse : Mon tour de prescription pour mes dix ans de condamnation est tombé l´an passé, 20 ans après ma condamnation définitive. Je retourne depuis en Italie régulièrement et j´y mène, avec d´autres, une campagne de soutien à Marina et pour trouver une solution d´amnistie pour tous.
Question
de : Internaute Réponse : Aucun rapport. Dans leur compétition zélée la majorité et l´opposition italiennes se retrouvent unies sur la reproduction fantasmée d´un constant danger terroriste. En allant rechercher des hommes et des femmes ayant abandonné tout activisme depuis des décennies, on ne fait que "racler les fonds de tiroir" (dixit Francesco Cossiga, ancien Président de la République italienne, ami et dauphin d´Aldo Moro).
Question
de : Internaute Réponse : Buongiorno. Je n´ai jamais rejeté cette accusation. J´ai parlé pour l´époque d´un état insurrectionnel larvé et endémique.
Question
de : Internaute Réponse : Berlusconi n´a pas le pouvoir de gracier Marina Petrella. Il n´est que le petit télégraphiste de N. Sarkozy auprès du Pdent de la République italienne. Et comme le rappelle Rossana Rossanda dans un éditorial d´Il Manifesto, le Président italien a répondu par un "niet". Pour le moment...
Question
de : Internaute Réponse : Le problème aujourd´hui est de lutter, en France, pour empêcher cette extradition. Gloser sur des fantasmes permet de cultiver son indignation tout en restant passif.
Question
de : Internaute Réponse : Une grande partie d´entre eux (Brigadistes et militants d´autres groupes armés) sont maintenant en semi-liberté, aménagement des peines prévu par la loi carcérale en vigueur. Nombre des condamnés à de longues peines sont maintenant en semi-liberté après des décennies de prison. D´autres - hommes et femmes - sont toujours en prison après des décennies sans avoir eu pas même un jour de permission.
Question
de : Internaute Réponse : Il apparaît que personne n´a le monopole de la gauche la plus bête du monde...
Question
de : Internaute Réponse : Il faut espérer que le Président "Lula" - qui lui aussi a le dernier mot en matière d´extradition - refuse l´extradition de Cesare Battisti et lui accorde la naturalisation demandée. Nous, collectifs de soutien à Marina Petrella, demandons de même et vous invitons à consulter le site www.paroledonnee.info où vous trouverez un Appel en ce sens. En attendant , les nouvelles de Cesare ne sont pas bonnes, il souffre de conditions carcérales pénibles au Brésil.
Question
de : Internaute Réponse : Nous considérons ces thèses comme celle affirmant que les Twin Towers ne se sont jamais écroulées.
Question
de : Internaute Réponse : MP a été condamnée sans recours possible à la prison à perpétuité.
Question de : Internaute Réponse : La seule question qui se pose actuellement au sujet d´Action Directe est celle de leur libération après qu´ils ont tous dépassé depuis longtemps les délais de la peine incompressible.
Question
de : Internaute Réponse : Nous ne pouvons pas présager des souhaits de qui que ce soit.De toutes façons, l´urgence de libérer Marina et de la sortir du cauchemar de l´extradition est la seule assurance qu´une grâce éventuelle ne s´applique à un cadavre.
Question
de : Internaute Réponse : Voir réponse plus haut. Merci beaucoup.
Question
de : Internaute Réponse : La fiction la plus délirante s´est emparée de cette histoire. Mais nous sommes encore bien loin d´une analyse historique rigoureuse, faute d´une sérénité politique en Italie sur le sujet.
Question
de : Internaute Réponse : Il n´existe pas de prescription pour les peines à perpétuité. Oreste avait été condamné à 10 ans d´emprisonnement. Il a par ailleurs réclamé au Président italien - par solidarité avec Marina Petrella et d´autres - d´obtenir la faculté de renoncer à la prescription de sa peine.
Question
de : Internaute Réponse : Nous avons déjà répondu à cette question. Merci.
Question
de : Internaute Réponse : On ne peut parler de médiatisation inexistante après les nombreux articles de ces dernières semaines (Ce forum au Nouvel Observateur le démontre !). Par ailleurs, nous n´avons pas à parler au nom d´autrui. Quant à la répartition des richesses et aux lendemains qui chantent du capitalisme, on vous souhaite une meilleure fortune que ceux qui claironnaient sur le "socialisme réel à visage humain".
Question de : Internaute Réponse : Nous n´en avons pas connaissance mais nous engageons à faire une recherche en ce sens. Ce que nous savons en revanche c´est que c´est expressément à la demande de la France que cette clause humanitaire a été incluse dans le Traité de 1957 et que celui-ci étant en vigueur à l´époque des faits est le seul texte de référence sur la question de l´extradition de Marina Petrella.
Question
de : Internaute Réponse : Sans doute pas. Mais rappelons que la France a amnistié les responsables des faits d´armes à caractère collectif tels que OAS, FLN algérien, Kanaks, mouvements indépendantistes corses, et autres...
Question
de : Internaute Réponse : Nous notons cette contradiction et partageons votre indignation. Indignation liée au fait que Papon fut condamné pour crimes contre l´humanité (ce qui n´est évidemment pas le cas de Marina). Nous nous refusons cependant d´aller dans le sens d´un égalitarisme "par le bas" et ne pensons pas que l´enfermement soit la seule réponse... Nous restons, quant à nous trois, attachés à la critique de Foucault sur la prison.
Question
de : Internaute Réponse : Si nous le pouvions, nous tenterions, respectueusement et humblement, de lui faire comprendre qu´en aucun cas un mal nouveau ne peut réparer un mal ancien. C´est ce que nous disons des enchaînements infinis de la logique de vendetta.
Question
de : Internaute Réponse : "Même les démocraties peuvent connaître des périodes troubles et des convulsions dans lesquelles la violence et le sang réémergent et la paix civile se brise(...)" (C´est ce qu´avait dit François Mitterrand dans une allocution à la Ligue des Droits de l´Homme en 1985). La France coloniale de 1947 à 1963 n´était-elle pas une démocratie ?
Question
de : Internaute Réponse : Notre solidarité est évidemment la même. Toujours et pour tout un chacun. Pour Battisti, au Brésil actuellement, le point de levier n´est pas la clause humanitaire mais, selon la loi brésilienne, la reconnaissance du mobile politique de ses actes, la question de la contumace et le fait que le Brésil a aboli la perpétuité.
Question
de : Internaute Réponse : !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Question
de : Internaute Réponse : En ce qui concerne les Italiens, en se battant pour une amnistie générale pour les protagonistes des "années de plomb", on ne peut prôner une amnistie sélective. |